Le 1er janvier 1994, des forces de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) occupèrent plusieurs sièges municipaux du Chiapas, dont San Cristóbal de las Casas. La ville fut au centre de l’attention, mais les affrontements continuèrent aussi dans d’autres secteurs de l’État.
Une occupation brève
Les forces de l’EZLN prirent des points importants du centre-ville. Elles se retirèrent de San Cristóbal le 2 janvier, tandis que des combats se poursuivaient ailleurs, notamment dans la zone d’Ocosingo et autour de l’installation militaire de Rancho Nuevo.
Cette installation militaire ne doit pas être confondue avec les Grutas de Rancho Nuevo, le site touristique situé près de la ville.
La révolte ne commença pas spontanément ce jour-là : l’EZLN s’était organisé clandestinement auparavant. Le soulèvement rendit publiques ses revendications et son opposition au gouvernement. Le même jour, l’ALENA entra en vigueur; cette coïncidence donna au message du mouvement une portée politique particulière, sans résumer à elle seule les causes du conflit.
Du cessez-le-feu aux négociations
Le gouvernement fédéral annonça un cessez-le-feu unilatéral le 12 janvier 1994. Les discussions directes entre représentants de l’EZLN et du gouvernement eurent lieu dans la cathédrale de San Cristóbal du 21 février au 2 mars. L’évêque Samuel Ruiz García joua un rôle de médiateur.
Les échanges de la cathédrale ne mirent pas fin au conflit. Les propositions du gouvernement furent soumises à consultation par l’EZLN, qui les rejeta en juin 1994 tout en maintenant le cessez-le-feu. Les négociations reprirent plus tard à San Andrés Larráinzar. Les accords signés en 1996 portaient sur les droits et la culture des peuples autochtones; ils n’étaient pas un traité de paix global. Consultez notre guide des accords de San Andrés.
Pourquoi San Cristóbal reste importante dans cette histoire
San Cristóbal fut à la fois l’un des lieux de l’insurrection et le cadre des premiers dialogues de paix. La cathédrale et le centre-ville gardent une place importante dans la mémoire publique de cette période. Pour replacer ces événements dans la chronologie plus longue de la ville, lisez aussi notre histoire de San Cristóbal et notre guide sur les églises à visiter.